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Nous publions régulièrement une série d'entrevues avec des chefs d'associations de multimédia à travers le monde. Le but de ces entrevues est de permettre au lecteur d'examiner de plus près les gens et les questions qui font partie intégrante de l'industrie du multimédia dans différents pays et dans différentes régions.

FÉVRIER 2007  


Chat sur "Le Monde" avec Daniel Kaplan : la retranscription
26 février 2007

A la suite de la parution dans Le Monde de l'article L'avenir, la technique et nous : 4 questions aux candidat(e)s, Daniel Kaplan débattait en direct sur "LeMonde.fr", le 26 février 2007.

Quelques extraits :

"Cela fait trois siècles que les "hommes politiques" ont considéré que l'économie était devenue un sujet politique noble. Avant, au contraire, comme justement on était noble, on ne parlait pas d'argent, et on considérait que c'était indigne de le faire et que c'était normal d'être incompétent sur ces sujets. Aujourd'hui, c'est parfaitement possible pour un homme politique de dire dans un meeting ou une réunion de travail : "Vous savez, la technique, moi, j'y comprends rien." En effet, c'est curieux, c'est dangereux, mais c'est extrêmement bien partagé sur tout l'échiquier politique.

"Cela dit, j'ai l'impression que dans cette campagne il y a des germes de changement. Par exemple, la thématique de l'environnement ou du réchauffement climatique est par définition une thématique dans laquelle l'analyse comme les réponses ont besoin de technologie. Et donc on entend tout de même pas mal de candidats nous parler du rapport du GEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ou discuter des possibilités du nucléaire ou de la séquestration du CO2 dans les centrales à charbon. Il y a donc un changement, mais je pense qu'il n'est encore qu'en germe, et que - on le voit bien - ces sujets-là restent assez marginaux dans la campagne."

(...)

De la part des hommes et femmes politiques, comme d'ailleurs de la part de la plupart des journalistes, sauf les journalistes spécialisés, il y a une très grande difficulté à parler des technologies de l'information, alors que plusieurs d'entre eux vont avoir un niveau d'information assez correct sur les OGM, sur les nanotechnologies, sur l'énergie, qui sont des sujets scientifiquement beaucoup plus compliqués. Alors pourquoi sur les technologies de l'information et les réseaux, qui sont suffisamment simples pour que 30 millions de Français s'en servent tous les jours, est-il si difficile de parler ? A mon avis, il y a deux raisons.

· La première, c'est qu'on est fondamentalement dans le domaine du quotidien et que le quotidien, c'est ce dont la plupart des hommes et des femmes politiques ont du mal à parler, y compris pour de bonnes raisons, parce que ce n'est pas là, ou pas traditionnnellement là, qu'on les attend ou qu'on leur demande d'intervenir. Et puis c'est "bordélique", le quotidien, c'est difficile de tenir un grand discours dessus.

· La seconde raison, c'est que les technologies ont à voir avec la manière dont on va réaliser un certain nombre des projets politiques qu'on affirme. Au niveau le plus simple, quand j'annonce une mesure fiscale, c'est nécessairement un grand nombre de lignes de code dans les logiciels de la direction des impôts, des problèmes de compatibilité qui vont se poser avec d'autres lignes de code, etc. Or je suis frappé depuis longtemps du fait que très peu d'hommes et de femmes politiques ont une culture du management du changement. On annonce une décision, et on pense qu'elle va s'appliquer toute seule. Et du coup, la technique, ça fait partie de l'intendance, qui est censée suivre. J'ai le sentiment que ça change un peu, parce que cette culture du management est en train de monter, notamment du fait de la décentralisation. On peut être raisonnablement optimiste pour l'avenir.

(...)

La recherche scientifique, au même titre que la recherche technologique et industrielle, doit-elle être directement utile à la société ? On est obligé de marcher sur une crête étroite. Par définition, si l'on devait dire, avant qu'on ait cherché quelque chose, la manière dont ce sera utile, et si l'on devait en juger a priori, la plupart des découvertes ou des recherches qui constituent des ruptures ne se feraient pas. Après tout, le fait que Galilée ait découvert que la Terre tournait autour du Soleil n'était pas perçu comme utile à la société, mais au contraire, comme de nature à déstabiliser cette société. D'un autre côté, on ne peut pas nier que par définition nous jouions à l'apprenti sorcier. Surtout quand, comme aujourd'hui, la recherche scientifique et la recherche technologique sont aussi étroitement liées.

Et donc, ce qu'il faut, ce n'est pas demander à chaque idée de montrer patte blanche avant de l'autoriser à chercher à se vérifier, mais c'est instaurer les conditions d'un dialogue permanent. D'un dialogue qui porte non pas seulement sur les conséquences avérées ou possibles de telle technologie en cours de développement, mais sur les projets, l'imaginaire, les intentions de ceux qui cherchent, de ceux qui appliquent, de ceux qui financent les chercheurs, de manière qu'on puisse tout le temps discuter de façon mouvante du lien entre ces recherches et la société dans laquelle elles se développent.

C'est donc une autre approche qui est aujourd'hui nécessaire, pour ne pas culpabiliser et bloquer a priori la science et la technologie, mais pour ne pas non plus les laisser développer des techniques que j'appelle de l'intime, comme les nanotechnologies, les biotechnologies ou les sciences de la connaissance, sans que la société puisse en discuter avec eux au moment où les questions se posent plutôt qu'au moment où les réponses ont déjà été apportées.

(Pour lire le texte : www.fing.org)

 

 


JUIN 2004  

Entrevue avec Xin Xian Chen, Président de Capinfo et de la Beijing Multimedia Industry Association. Philippe Gauthier de la FIAM a rencontré Xian Xian Chen, ingénieur, professeur et ancien fonctionnaire du gouvernement chinois, aujourd'hui à la tête de Capinfo, une importante entreprise de multimédia, et président de l'association de Beijing. A l'orgine de l'organisation du 4ième Sommet mondial de l'Internet et du Multimédia à Beijing cette année, M. Xin Xian Chen discute dans cette entrevue de son parcours et de la place qu'occupe la Chine dans l'industrie mondiale du Multimédia.

Le Dr Xin Xian Chen a joué un rôle-clé dans la décision de tenir le prochain Sommet mondial de la FIAM à Beijing. Cet ingénieur qui, pendant un temps, a été professeur aux États-Unis; puis fonctionnaire en Chine, est maintenant président de Capinfo, une importante entreprise de multimédia à Beijing. Il dirige aussi la Beijing Multimedia Industry Association (BMIA), la jeune association qui organise le Sommet mondial.

L’histoire de M. Xin Xian Chen a commencé à Beijing où il a obtenu de la prestigieuse université Qinq Huaen son diplôme en instruments d’optique. En 1981, il a déménagé aux États-Unis où il a étudié en génie électrique à la Penn State University. Il a finalement obtenu son doctorat en traitement des données en 1986 et a travaillé deux ans de plus aux États-Unis comme professeur.

Il est revenu en Chine en 1988 et a commencé à travailler comme ingénieur en chef pour la ville de Beijing. La ville se transformait déjà rapidement et la tâche du Dr Xin Xian Chen consistait à promouvoir l’utilisation de réseaux de fibre optique. Il était aussi responsable du choix des logiciels nécessaires à la gestion des réseaux.

En 1994, il a quitté la fonction publique et a été embauché par SAP, une entreprise d’informatique allemande qu’il a aidée à s’implanter en Chine. « Après six ans dans le gouvernement, je comprenais bien le système, dit-il, et j’espérais faire quelque chose par moi-même, pas juste travailler pour les autres. SAP était une très bonne entreprise et c’était l’occasion pour moi d’apprendre à gérer une affaire. Je les ai aidés à trouver leurs premiers clients chinois et nous avons bâti sur cette réussite. »

En 1998, voyant qu’Internet serait un tournant majeur pour l’industrie, il a quitté SAP et créé Capinfo, une entreprise appartenant à l’État. L’idée était de promouvoir Internet et de fournir des logiciels de gouvernement et de commerce en ligne pour répondre aux besoins d’industries telles que les postes et télécommunications, la radio et la télévision, la diffusion et les banques.

L’entreprise a rapidement reçu d’énormes mandats du gouvernement tels que les réseaux qui relient les systèmes de télécommunication, de télévision par câble et Internet. Elle a aussi créé un réseau intégré pour le gouvernement de Beijing qui traite, entre autres choses, plus de 10 millions de paiements par mois. En 2001, Capinfo est devenu une entreprise publique inscrite à la Bourse de Hong-Kong. Elle emploie actuellement 500 personnes à plein temps et 100 contractuels, et compte des filiales dans toute la Chine.

La BMIA a été créée sur son initiative en 2003. Environ 100 des 1 000 entreprises de multimédia de Beijing sont déjà membres. « Nous nous rencontrons régulièrement pour échanger des opinions et de l’information et pour discuter de problèmes tels que la formation de plus de personnes et la promotion internationale, explique M. Xin Xian Chen. Un des principaux problèmes c’est que la plupart des entreprises sont très petites. Nous devons développer le marché. »

Il estime que, au fur et à mesure que les Chinois s’enrichiront, leur besoin de biens matériels se transformera en besoin de produits culturels. Cependant, l’expertise dans ce secteur est encore limitée en Chine. « Le Sommet mondial sera une grande occasion d’apprendre comment créer notre propre industrie culturelle. Même si notre culture est très différente, les échanges internationaux sont importants. Nous avons beaucoup à apprendre en matière de technologie et de commercialisation. »

M. Xin Xian Chen est bien conscient de certains problèmes qui compliquent les échanges culturels, les droits de propriété intellectuelle par exemple. « S’élever au niveau des normes internationales sera un défi pour la Chine, avoue-t-il, mais la situation s’est déjà beaucoup améliorée en partie parce que les entreprises informatiques chinoises ont elles aussi besoin de la protection des lois sur la propriété intellectuelle. » Avec les pressions venant autant de l’intérieur que de l’extérieur, l’avenir des droits de propriété intellectuelle s’annonce bien.

 

 

 

 


MAI 2003  

Amadou Top, président d’OSIRIS, a présenté dans une importante entrevue avec Ousseynou Nar Guèye, de l’hebdomadaire Le Nouvel économiste, son point de vue sur le développement des technologies de l’information et des communications dans son pays.

(Lire l'entrevue)

 


 

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